La préfecture de Seine-Saint-Denis complice d'un marchand de sommeil

Publié le par Association des résidents Michelet-Bondy

Communiqué de presse

Bondy, le 24/7/2008.
Moins d'un tiers des demandes de régularisation des résidents de l'ancienne clinique Michelet à Bondy a reçu une réponse favorable. En maintenant contre toute logique ces Bondynois et Bondynoises dans la clandestinité, la préfecture de Seine-Saint-Denis prête main forte au marchand de sommeil qui exploite leur situation.

152 personnes vivent au 50 rue Michelet, une ancienne clinique qui n'est pas prévue pour servir de lieu d'habitation. Un tiers environ des habitants est sans-papiers. Le propriétaire se sert de cette situation d'insécurité administrative pour extorquer des loyers indécents pour des logements indignes.

L'association des résidents de Michelet-Bondy, soutenue par un large collectif d'organisations politiques, syndicales et associatives (1), ainsi que par de nombreux élus (2) et Bondynois, a déposé des dossiers de régularisation à la préfecture de Seine-Saint-Denis le 6 février 2008. A cette occasion, le sous-préfet Vicherat a prétendu connaître la situation et a annoncé qu'elle serait prise en compte pour un examen de ces demandes "avec clémence". Or, depuis, la préfecture se moque ouvertement des habitants et de leurs soutiens. Seule une faible minorité de dossiers a reçu une réponse favorable. La majorité des sans-papiers du 50 rue Michelet à Bondy s'est vue notifier une Obligation à Quitter le Territoire Français (OQTF). Pourtant, ils vivent en France depuis des années, y travaillent, y payent leur loyer et leurs impôts, participent activement à la vie de leur quartier, leurs enfants y sont nés et y sont scolarisés. Cet acharnement préfectoral est incompréhensible et indécent.

La délégation reçue par le sous-préfet Vicherat le 14 juin a fait part de sa stupéfaction devant ces décisions scandaleuses, prises en urgence et avec un manque de sérieux évident. Les dossiers sont rejetés sans examen réel; les réponses envoyées sont des courriers-types, souvent complètement erronés par rapport aux dossiers. La situation n'a pas changé depuis : les refus de régularisation continuent à pleuvoir sur les résidents de l'ancienne clinique Michelet. Le collectif de soutien aux résidents du 50 rue Michelet et l'association des résidents de Michelet-Bondy réitèrent leurs protestations les plus déterminées face à l'arbitraire préfectoral. Par ces décisions de maintenir dans la clandestinité, l'insécurité et la précarité ces Bondinois et Bondinoises, la préfecture de Seine-Saint-Denis envoie un message clair de soutien à tous les marchands de sommeil qui vivent grassement du malheur des autres et exploitent ces situations dramatiques. Nous ne pouvons pas le tolérer.

Nous exigeons l'annulation pure et simple des OQTF et le réexamen des dossiers refusés en rompant réellement avec l'acharnement qui a prévalu jusqu'ici.


(1) Alternative libertaire 93, Bondy Autrement, Association des Communistes Unitaires de Bondy, Collectif de soutien aux mal-logés de Bondy, Collectif des sans-papiers de Bondy, Conseil national de la jeunesse malienne de France (CNJM-F), Coordination 93 de lutte pour les sans-papiers, Coordination des groupes anarchistes (CGA), Droit au logement (DAL), Fraction L'Etincelle de Lutte ouvrière, Gauche alternative unitaire (GAU), Haut conseil des maliens de France (HCMF), Les Verts, Parti socialiste Bondy, RESF Bondy, RESF Noisy-le-Sec, RESF Renoir.
(2) Dont Gilbert Roger (maire de Bondy et conseiller général de Seine-Saint-Denis) et tout le conseil municipal de Bondy qui a adopté en voeu en faveur de leur régularisation; Elizabeth Guigou, députée de Bondy; Eliane Assassi, sénatrice de Seine-Saint-Denis; Dominique Voynet, sénatrice de Seine-Saint-Denis et maire de Montreuil; Jacques Boutault, maire du 2ème arrondissement de Paris.

Publié dans Communiqués de presse

Commenter cet article

sylla 05/10/2008 23:43

salut a tous
en tant que resident de la clinique je vous invite a venir nous rendre visite et vous verez que mr MIGNEN (proprio)ne dit pas la realite
merci

V. 05/10/2008 20:16

Mignen est un comique ! Dans les conditions difficiles de la vie actuelle, au moins ça fait du bien... Un propriétaire qui perd de l'argent en louant des logements et continue de le faire, malgré les protestations de ses locataires, et de leurs soutiens, ce n'est plus un proprio... C'est le Messie ! Nous allons pouvoir annoncer la Nouvelle : le Messie est arrivé, et à Bondy, ça c'est vraiment du bol! Alors, à quand le spectacle? connaissant le bonhomme, les entrées seront gratuites. Espérons que la mairie qui aime bien les procès n'hésitera pas à attaquer pour l'accusation de racisme...

Elmer 05/10/2008 20:01

"Je me demande si votre position aurait été différente, si vous étiez venus voir avec moi les réalités, de l'immeuble, des logements, des loyers . Peut-être aviez-vous besoin de noircir le tableau pour aller dans le sens de votre action politique, mais sachez que désormais je ne tolérerai plus la diffamation."

M. Mignen, dans le genre "je raconte n'importe quoi avec aplomb", ne se débrouille pas mal. Il sait parfaitement, puisqu'il nous fait régulièrement surveiller par un de ses sbires, que les membres du comité de soutien connaissent parfaitement les lieux, puisqu'ils s'y réunissent régulièrement avec les résidents et les résidentes. Il sait parfaitement que nous sommes au fait de la réalité sordide de l'immeuble. Sa description idyllique, digne d'un film de Walt Disney, ne saurait cacher la réalité: il s'agit de logement indigne, pour lequel des loyers usuraires sont perçus.

M. Mignen prétend perdre de l'argent avec le 50 rue Michelet. Faut-il en déduire qu'il est vraiment un bien piètre gestionnaire? Vus les tarifs pratiqués, n'importe qui ayant des notions élémentaires de gestion dégagerait nu bénéfice rondelet. Mais peut-être le montage financier un peu douteux de la SCI à laquelle appartient le 50 rue Michelet explique-t-il la manière dont les bénéfices se volatilisent?

Joseph Mignen dans le rôle du généreux phylanthrope qui se saigne aux quatre veines pour loger des sans-papiers, voici une présentation de la réalité qui nous ferait tous hurler de rire si la situation n'était pas aussi dramatique. J. Mignen semble appliquer le principe "plus c'est gros, plus ça a de chance de passer". Ben non, pas avec ceux et celles qui connaissent le 50 rue Michelet: pas de chance.

Joseph Mignen 14/09/2008 23:01

Je suis surpris de voir que les diverses associations signataires de ce communiqué de presse, affirment que je suis un marchand de sommeil et que les logements sont indignes et soumis à des loyers indécents. L'ensemble des loyers ne permet pas l'équilibre financier, car les charges (eau gaz électricité) atteignent souvent 10 000 € par mois, les frais de personnel, d'entretien, de réparations, les impôts, les loyers impayés, font que le bilan annuel est fortement négatif.
Je n'ai donc aucun intérêt à la poursuite de ces locations qui me coûtent personnellement en moyenne de 30 000 à 50 000 euros par an. Si certains locaux, et notamment certaines parties communes se dégradent, cela est toujours le fait de locataires négligents ou agressifs. Nous réparons en permanence, mais il faudrait repeindre et refaire les parties communes tous les six mois. Lorsque les locataires, comme c'est le plus souvent le cas, sont précautionneux, les locaux ont gardé l'etat très correct pour ne pas dire parfait du début de leur location. La mairie et la préfecture, ont constaté le bon état d'hygiène et de sécurité, à l'exception récente d'un seul logement qui n'aurait pas l'éclairage naturel suffisant. Ce logement avait été attribué en urgence à une famille qui était à la rue en plein hiver, et elle va être relogée.
Le vrai problème, est le fait que depuis cinq ans, sont nés sur place près de 50 enfants et que les locaux à quelques exceptions près, n'étaient pas fait pour cela.
Vous dites que la préfecture me soutient ; je ne vois pas comment . je souhaite vivement la fin de ces locations qui ne satisfont personne apparemment, ni l'association de locataires, ni moi, car si mon seul but était de ne pas laisser vide un immeuble qui pouvait loger valablement beaucoup de gens dans cette période de crise, Apparemment cela n'a pas été compris comme çela et cela ne m'a rapporté que des injures, et beaucoup d'ennuis et je préfère continuer mon métier, que de passer mes journées à surveiller les réparations et à compenser les dégradations,
J'ai écrit plusieurs fois à M. le préfet pour lui demander de reloger au plus vite toutes les familles, en commençant par celles qui ont plus d'un enfant . Depuis cinq ans, ni les services sociaux de la mairie, ni ceux de la préfecture, n'ont relogé personne..
N'Oublions pas non plus que le début de la polémique avec la mairie remonte à 2001, lorsque la mairie a délibérément change le plan d'occupation des sols pour interdire des locations à des immigrés dont personne ne voulait dans ce voisinage résidentiel ; cette position raciste m'a été dite par un adjoint.
Ensuite, monsieur le maire et les locataires se sont rapprochés pour des raisons de services réciproques ; M. le maire avait besoin de toutes les voix (africains et sympathisants) et beaucoup de résidents, espéraient obtenir des papiers. Ceci explique que les résidents n'hésitent pas à me démolir pour faire plaisir au maire, mais si vous les interrogez, ils sont tous contents d'être ici.
Bien sûr, ils voudraient payer encore moins de loyer, et que je me débrouille pour financer toutes les dépenses.
La deuxième chose qu'ils ont demandée au maire, après le soutien pour les papiers, c'est de rester ici malgré la fermeture administrative décidée par le maire, mais même si le maire leur a répondu oui, cela n'est évidemment pas possible pour moi dans les conditions actuelles.
Je me demande si votre position aurait été différente, si vous étiez venus voir avec moi les réalités, de l'immeuble, des logements, des loyers . Peut-être aviez-vous besoin de noircir le tableau pour aller dans le sens de votre action politique, mais sachez que désormais je ne tolérerai plus la diffamation.



.