Je souhaite attirer votre attention sur la situation de Monsieur Lassana KONATE, aujourd'hui placé en rétention au centre de Bobigny depuis le 29 juin.
Monsieur KONATE fait partie de ces 40 locataires sans papiers de la clinique Michelet, transformée en chambres en location par un marchand de sommeil peu scrupuleux.
Cette situation a généré beaucoup d'émotion dans la ville, de nombreuses interventions du Maire, de la municipalité, des association et du comité de soutien.
A ce jour 36 d'entre eux ont été régularisés, mais les quatre derniers, dont Monsieur Lassana KONATE, sont maintenus en situation irrégulière et sommés de quitter le territoire Français.
Pourtant, rien ne justifie cette différence de traitement pour Monsieur KONATE, bien au contraire.
Il réside en France depuis cinq ans. Titulaire de diplômes de l'enseignement supérieur, de culture francophone, il maîtrise la langue française à l'oral comme à l'écrit et est parfaitement intégré à la société française.
Il paie chaque mois le loyer au propriétaire de l'ancienne clinique Michelet à Bondy. Il a obtenu une promesse d'embauche en qualité d'électricien.
Il n'a par ailleurs plus aucune attache en Afrique, puisqu'il est aujourd'hui orphelin et n'a ni frère ni sœur , ni autre famille au pays.
Un fait nouveau vient de renforcer sérieusement la nécessité de revoir la décision prise à l'encontre de Monsieur KONATE. Sa compagne, Melle GARCIA RIOS Eliana, kinésithérapeute à l'Hôpital Armand Trousseau à Paris, est enceinte de trois mois et engagée dans une grossesse difficile, nécessitant un suivi strict et la présence de son ami auprès d'elle.
Un recours gracieux a d'ailleurs été déposé en préfecture, à votre attention, avec les pièces justificatives de l'état de santé de sa compagne.
Toutes ces informations devraient normalement, au regard des droits de l'Homme et de l'Enfant, conduire à réexamen favorable à une régularisation sur le territoire national de Monsieur KONATE.
Je vous serais gré, Monsieur le Préfet, de bien vouloir, prendre en considération l'évolution de ce dossier et permettre un réexamen favorable de sa demande de régularisation.
Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Préfet, l'expression de ma haute considération.
Jacques JAKUBOWICZ
Adjoint au Maire de Bondy